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Le grand retour d’Audrey Hepburn… en 3D

On ne la présente plus : Audrey Hepburn, icône radieuse gravée dans la mémoire collective, nous a fait don d’une apparition surprenante dans une publicité britannique, en mars dernier.

Fâcheusement entretenu par des reproductions de son image en série sur des goodies en tout genre, le souvenir impérissable de l’actrice a réinvesti la scène audiovisuelle. En effet, le studio anglais Framestore a réalisé, pour les besoins de la marque de barres chocolatées Galaxy (Dove), un spot publicitaire dans lequel est mis en scène une version numérisée d’Audrey.

Les choix de la direction artistique ne sont pas innocents : décors, costumes et musique renvoient aux deux rôles emblématiques d’Audrey Hepburn grâce à une scénographie inspirée de Vacances Romaines (premier succès hollywoodien, premier Oscar pour l’actrice) et de l’utilisation du thème « Moon River », interprété par Audrey dans Diamants sur Canapés, autre production notable de sa filmographie.

Mais il s’agit bien de ce visage enchanteur, animé par pas moins de 70 mouvements musculaires, qui nous confond ; établie grâce à la technique combinée de CG / VFX (effets spéciaux numériques et 3D), la reproduction au trait près de la femme-enfant est saisissante. Les équipes techniques se sont reposées sur des documents de presse, des photographies et des extraits de film pour pouvoir donner la réplique à cette enveloppe virtuelle d’Audrey. Cette dernière, authentifiée jusque dans ses expressions les plus singulières, au nom d’un réalisme quasi-dérangeant, prend vie avec la complicité d’une batterie d’actrices à la morphologie analogue, candidates pour « porter » le visage numérisé de leur ainée.

 

Le processus en image :

 

Voir le making of

Dans l’exercice délicat de la numérisation d’êtres humains, le cinéma a déjà fait ses preuves : on se rappelle des acteurs « scannés » du Pôle Express ou du clone de Jeff Bridges dans TRON : Legacy.

Quant à la publicité, elle n’en est pas à son premier coup d’essai ; on a vu réapparaître Grace Kelly, Marlène Dietrich et Marylin Monroe, aux côtés de Charlize Theron (bien vivante) pour Dior.

Cependant, si la prouesse technique est au rendez-vous, on ne peut s’empêcher d’imaginer les dérives de la technologie malgré les boulevards qu’elle offre en terme de création. Nonobstant le simple fait que les stars « ressuscitées » malgré elles, n’ont pas leur mot à dire (la question est posée quant à la justification de l’aval des deux fils d’Audrey Hepburn pour l’opération marketing de Galaxy), on peut soulever la question de la récupération commerciale de l’image des tiers disparus.
D’autres expériences numériques post-mortem ont déjà connu un immense succès et ont reçu un accueil unanime auprès des communautés de fans, comme le concert de Snoop Dog et Dr Dre en présence de l’hologramme de feu Tupac ; mais l’initiative s’inscrivait davantage dans une démarche artistique, hors le spot publicitaire a un seul et unique but avoué.

De manière beaucoup plus inventive et créative que Galaxy, mais sans artifices, GAP s’était déjà approprié l’image d’Audrey Hepburn, avec une mise en scène réussie d’après un cut de Drôle de Frimousse. Le résultat est convaincant ; l’image de l’actrice est respectée et les produits vendus par la marque restent dans le ton.

Aujourd’hui décédées, les personnalités que l’on a vu revivre à travers les publicités plus récentes, se satisferaient-elles de ces représentations au perfectionnisme morbide qui nourrissent leur désir d’éternité et impose au spectateur, un canon de beauté déshumanisé, figé à un instant T et ne souffrant d’aucun défaut ? On en doute.

Certains usages de la technologie et d’autres types de manipulation de l’image posent donc un réel problème d’ordre moral, dans le domaine publicitaire. À l’avenir, les techniques de CG / VFX constitueront-elles un remède miracle pour les communicants, face à la vieillesse désapprouvée et les imperfections physiques des mannequins et autres intervenants employés pour la promotion des marques ?

2 Commentaires

  1. C’est étrange comme façon de faire. Une sorte de fanatisme un peu morbide. Mais pourquoi pas ? Ça pourrait aussi rentrer dans les critères d’un hommage…

  2. A wonderful job. Super helpful inofnmatior.

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